Un site réalisé par la Ville de Fleury-sur-Orne

La bataille pour Fleury

Le 21 février 1916, Fleury-devant-Douaumont est réveillé par le bombardement préparatoire à l’assaut allemand. Il neige. L’horizon est en feu. Les nouvelles sont rares et contradictoires. L’ordre est donné d’évacuer le village. Les habitants s’entassent dans les charrettes, emmènent le bétail et descendent vers Bras sur Meuse et Verdun croisant les renforts qui se hâtent vers la ligne de feu. Le 24 février, la chute du fort de Douaumont met Fleury-devant-Douaumont sous les vues allemandes. Les bombardements crèvent les toitures pendant que les tranchées et les abris transforment les caves en îlots de résistance. Et la destruction de Fleury-devant-Douaumont ne s’arrêta plus. En mai, il n’est déjà plus qu’un tracé de ruines fumantes. Le 7 juin, la perte du fort de Vaux le met en première ligne.

Entre Froideterre et Souville, à la tête des ravins de la Poudrière et des Vignes, il devient une des clés de la bataille. Emporter cette position, c’est une chance pour les allemands de percer, la tenir, c’est verrouiller la porte qui ouvre sur Verdun.

Ainsi commence l’agonie de Fleury-devant-Douaumont dont le drame se noue pendant les semaines de juin à août 1916 quand l’assaillant lance ses dernières et furieuses offensives sur le front de Froideterre-Souville. Au cours de la bataille, Fleury-devant-Douaumont changera 16 fois de main. Le 23 juin, les meilleures troupes du Kronprinz, Bavarois et Alpenkorps, précédées de milliers d’obus dont à gaz, déferlent sur le village.

Pour retarder cette avance impitoyable, le 121ème Bataillon de Chasseurs à pied se sacrifie; à la nuit, il est anéanti; mais la 260ème brigade peut prendre la relève.Se succèdent alors de furieux assauts sur ces quelques hectares. Pris le 23 juin, Fleury-devant-Douaumont est repris le 24; reperdu aussitôt, réoccupé le lendemain et reperdu de nouveau. Le 27, un bataillon du 241ème Régiment d’Infanterie s’accroche à la lisière Sud et en interdit le débouché. Le 11 juillet, l’assaillant tente un suprême effort et dans la poussière âcre des explosions, il attaque, précédé de lance-flammes et réussit à s’emparer de la Poudrière défendue par deux bataillons de la 255ème brigade commandée par le Colonel Coquelin de Lisle.

Quelques éléments parviennent même jusqu’au centre D dit le « Morpion » par les Allemands en raison de l’aspect qu’il présentait sur leurs photos aériennes puis se replient avec quelques prisonniers.

Cet ouvrage terrassé encore visible sur le terrain marque l’extrême avance de l’ennemi en direction de Verdun.

La Poudrière appelée par les Allemands « M.Raum », (abri à munitions) édifiée avant la guerre en même temps que le camp retranché de Verdun, devait servir de dépôt de munitions avancé d’artillerie, pour permettre d’alimenter plus rapidement les batteries de forteresse ou de campagne entre Douaumont, Thiaumont, Froideterre et Fleury-devant-Douaumont, ainsi qu’un certain nombre de dépôts de munitions secondaires reliées à elle par voie de 60. Abri sous roc situé à environ 10 mètres sous terre à deux entrées.

A l’intérieur, dans les couloirs, reste la trace de voies de 60 cm et plaques tournantes qui assuraient jusqu’à début de la bataille l’acheminement des munitions à pied d’œuvre. Dans le fond, une grande salle servait de poste de secours. A l’entrée, le long de la piste (sentier de découverte de la Poudrière de Fleury-devant-Douaumont), restent les vestiges de l’ancien poste de garde, où le Colonel Coquelin de Lisle a été tué ce 11 juillet 1916.

A 200 mètres au Sud-Sud-Ouest, se trouve la tombe du Caporal mitrailleur Rachel tué le même jour.

Du 13 juillet au 5 août, de violents combats continuent autour des ruines du village englouties dans le chaos du champ de bataille. Les 17 et 18 août, le Régiment d’Infanterie Coloniale du Maroc qui se bat depuis 10 jours dans les ruines, s’élance à l’assaut en chantant la Marseillaise et reprend définitivement le village. En octobre et novembre, la position de Fleury-devant-Douaumont sera la base de départ des offensives qui reprennent Douaumont et Vaux.

Source: panneau d’information de la commune de Fleury-devant-Douaumont